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Or une économie ne peut croître pour tous et devenir performante que si les conditions d’un tel développement sont réunies. Clairement, une économie a besoin d’une vision, d’un environnement favorable, d’acteurs (individuels et collectifs) dynamiques et responsables ainsi que d’un pilotage national à l’avenant.

En effet, sans une vision politique lisible par les acteurs économiques, sans un environnement attractif du point de vue sociopolitique, institutionnel, fiscal, judiciaire, infrastructurel, énergétique et humain, l’activité économique ne peut décoller.

La vision politique donne de la visibilité aux acteurs économiques et leur permet de se projeter dans l’avenir à moyen et à long termes.

Un climat sociopolitique apaisé rassure les investisseurs : un investisseur sérieux n’aime pas risquer ses capitaux dans un environnement sociopolitique fragilisé ou troublé.

Au plan des institutions, la clarté des règles, la simplicité des procédures comme des circuits administratifs ainsi que la stabilité institutionnelle (stabilité dont la démocratie et la protection des droits humains et environnementaux sont inséparables), est un facteur favorable. De même, l’existence d’un secteur financier et bancaire dynamique et accessible s’impose pour encourager l’entreprenariat, le développement des entreprises et de toutes autres initiatives publiques ou privées propices au développement économique et social.

Fiscalement, plus les impôts et taxes sont raisonnables, plus ils attirent les investisseurs, stimulent l’activité économique et donc les recettes fiscales indispensables au financement des services publics.

Judiciairement, plus la justice du pays est indépendante, efficace et diligente, plus elle inspire confiance aux investisseurs.

Au plan des infrastructures (routes, ports, aéroports, télécommunications et internet), l’offre doit permettre une bonne circulation des biens, des personnes et de l’information.

Il en va de même pour l’offre d’électricité et d’eau qui doit être satisfaisante et compétitive pour soutenir l’activité économique.

Quant aux ressources humaines, elles doivent être suffisamment formées et nombreuses pour que l’économie y trouve entrepreneurs et travailleurs de qualité et que l’État y recrute agents et cadres de valeur, ce qui implique un bon système éducatif et formatif ainsi qu’un niveau salarial à la fois décent et compétitif.

Le tout avec une gouvernance publique au service de la marche harmonieuse de la Nation.

Notre pays remplit-il ces conditions essentielles ?

La réponse est plutôt non. En effet, si nous disposons de ports modernes avec le Terminal à conteneurs de Doraleh, le nouveau Port de Djibouti, le Terminal pétrolier Horizon, ou encore le Port de Tadjourah, qui nous ont coûté plus que la normale, les autres infrastructures ne sont pas au niveau, qu’il s’agisse des routes, des télécommunications ou des aéroports. Nos routes sont insuffisantes en quantité comme en qualité, nos télécommunications (téléphone, internet, etc.) restent peu accessibles au plus grand nombre et l’aéroport international d’Ambouli doit beaucoup changer pour mériter pleinement son nom.

Le cadre légal et institutionnel, la justice, la fiscalité, l’offre d’électricité et d’eau ne sont pas attractifs. Les règles et procédures légales n’offrent pas assez de clarté, de simplicité et d’impartialité ; l’appareil administratif est fragilisé par la mauvaise gouvernance publique qui suscite démotivation des fonctionnaires, fuite des compétences et corruption endémique ; le secteur bancaire et financier ne favorise guère le développement économique. La justice djiboutienne n’est réputée ni pour son indépendance, ni pour sa diligence, encore moins pour son efficacité. La pratique fiscale n’est guère susceptible d’encourager les investisseurs. L’électricité est chère et sujette aux coupures. La qualité de l’eau potable s’est sérieusement dégradée et sa quantité est en-deçà des besoins.

Quant aux ressources humaines, si elles sont plus disponibles que par le passé, elles restent largement à améliorer en termes d’éducation et de formation.

Enfin, le pays manque, au-delà du discours officiel, d’un climat sociopolitique apaisé et libérateur d’énergies ainsi que d’une vision crédible d’avenir.

De ce fait, l’économie djiboutienne est une petite économie de rente pour un petit nombre de privilégiés, de chômage et de pauvreté pour le plus grand nombre.

Ce n’est donc point une économie inclusive et performante. Elle ne prépare pas l’avenir.

Notre volonté politique est de la rendre performante et inclusive en réalisant les conditions d’une telle transformation.

 

Finances publiques

A l’évidence, une économie performante et inclusive ne peut véritablement produire ses effets bénéfiques en termes de services publics aux citoyens que si les finances de l’État sont bien gérées.

L’argent public, qu’il provienne de l’impôt ou de l’activité industrielle et commerciale de l’État, doit être employé à bon escient, afin que chaque franc Djibouti aille à sa destination.

Cela implique des règles et des procédures de gestion bien pensées, bien appliquées et régulièrement évaluées. Cela implique aussi un capital humain qualifié et dévoué.

Ces règles et procédures doivent obéir aux principes de l’efficience, de la fluidité mais aussi de la transparence. D’où l’impérieuse nécessité de la règle de la séparation de l’ordonnateur et du comptable.

De même, les agents et cadres chargés des finances publiques (tout comme ceux des autres secteurs de l‘administration) doivent être bien formés, recrutés selon une sélection objective et transparente (concours ou équivalent) et décemment rémunérés.

Enfin, les instances de contrôle et d’inspection de l’État doivent être réhabilitées pour qu’elles se consacrent pleinement à leurs missions au service de la bonne gouvernance. A ce titre, la Chambre des comptes et de discipline budgétaire ainsi que l’Inspection des finances doivent retrouver force et crédibilité.

Telle est notre volonté politique en matière de finances publiques.

 

A suivre.

Le projet politique

02/05/15 : DAF au micro de Nabad-Nantes

Cycle de conférences du MRD : Thème du jour :TRIBU ET Tribalisme

Afhayeenka dallada Mucaaradka ah ee USN Daahir Axmed Faarax Oo Ka Hadlay Xadhiga Dr

Janvier 2011 : Message de DAF aux Djiboutiens