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Et puisqu’il s’agit d’abord de réhabiliter la vie en ensemble national et le phénomène étatique moderne dans les cœurs et les esprits, il appartient à l’Etat un rôle éducatif déterminant pour restructurer sur le terrain la mentalité collective dans le sens d’une bonne perception des problématiques en question.

 

 

Eduquer par l’école

 

Eduquer d’abord à l’école, lieu de formation privilégié de l’enfant (et de l’adulte quand il le faut), où il doit recevoir le savoir moderne mais aussi la nécessaire formation morale. Si, en effet, l’école est le lieu des connaissances, qu’elles soient générales ou spécialisées, si c’est là qu’il apprend les mathématiques et autres sciences, les arts et la littérature, les langues étrangères, l’histoire et la géographie, si c’est là qu’il acquiert tel ou tel métier, il doit aussi y recevoir une bonne formation morale. Les bancs scolaires doivent beaucoup contribuer à former le sens social, à promouvoir l’identité culturelle et l’esprit citoyen, à stimuler le sens du progrès et de l’épanouissement. Ils doivent favoriser l’éveil de l’enfant à son environnement social, culturel et citoyen. Sans se départir du souci d’ouverture au monde. Ils doivent l’aider à s’orienter, à exprimer ses talents et à s’épanouir. Toutes choses peu ou prou prises en compte dans le système actuel.

La transmission du savoir universel, commun aux hommes, doit être optimale. Elle doit constamment se soucier de sa qualité. Imaginative, attractive, elle ne doit rien négliger pour susciter et tenir l’intérêt de l’enfant. Aucun effort ne doit être ménagé pour que le savoir se transmette dans les meilleures conditions possibles. Le cadre de travail, la dimension matérielle et salariale, la qualité des enseignants et des méthodes didactiques, les contenus…tout doit contribuer à une bonne transmission à l’enfant. Il faut en finir avec l’école lugubre, surchargée et misérable, où les enseignants sont démotivés et les enfants peu enthousiastes. Il faut tourner la page de l’école sinistrée. Cela suppose, bien entendu, une volonté politique partagée. Un environnement propice et des moyens.

A côté des sciences et arts, de ces outils mis à l’épreuve de la fiabilité, à côté de ce savoir standardisé, qui accepte de se remettre en cause et de s’enrichir au fil des progrès, de ce savoir que le regard épistémologique éclaire sous un jour plus humain, l’enfant doit apprendre à se découvrir. Se découvrir d’abord du point de vue humain et social. Il doit prendre conscience qu’il est un être précieux, une personne humaine, avec ce que cela signifie de dignité et de sacré. Prendre conscience qu’il est titulaire de droits et tenu à des devoirs. Il lui faut se découvrir comme un être social, membre d’une collectivité, citoyen d’un pays. Il lui faut apprendre les valeurs fondamentales de sa société, sa culture. Apprendre à bien se conduire, à se respecter et à respecter. Apprendre à respecter son environnement, les êtres (qu’ils soient humains ou non) comme les choses qui le constituent. Apprendre à aller vers son concitoyen, à l’apprécier, à s’enrichir à son contact. L’école doit être le lieu de découverte de son pays dans toutes ses dimensions, humaine, culturelle, géographique, historique. Le lieu où se cultive ce qui nous unit, où l’on combat les préjugés. D’où l’enseignement des langues nationales qui doit trouver un mode pratique d’immersion multi-linguistique, de manière à aider l’enfant, dès le jeune âge, à voyager à travers nos langues et nos cultures comme le font nos concitoyens de Dikhil-ville ou de Quartier 4 de Djibouti-ville.

Se découvrir soi-même, et, avec une claire idée de soi, s’ouvrir au monde, tel nous semble le choix à faire pour nos jeunes apprenants. Car il est vital que, au même titre que les autres petits du monde, l’enfant djiboutien soit réellement détenteur de son patrimoine identitaire national afin de s’épanouir et de représenter une richesse pour le monde plus vaste où il vit. En d’autres termes, il nous faut lui donner les moyens d’avoir conscience que, s’il reçoit en apprenant le français, l’arabe littéraire ou l’anglais, langues par lesquelles il acquiert le savoir commun et s’ouvre à l’Autre, il peut tout aussi bien donner de par le patrimoine national qu’il porte. Un patrimoine riche, nous le savons, de sa belle diversité.

Se découvrir soi-même, disons-nous. Eh bien, cela commande aussi de se familiariser avec le concept d’Etat et sa problématique. L’enfant doit prendre conscience que la vie en collectivité moderne, qui est désormais la sienne, nécessite une organisation, des règles, des institutions, bref un Etat. Il doit avoir une idée suffisante de cet Etat, de ses origines, de ses objectifs et de sa finalité. Il doit savoir quelles fonctions il remplit, comment il s’articule et qui doit le faire fonctionner.

Il s’agit pour lui de savoir que, chaque société évoluant, les valeurs de notre démocratie pastorale s’enrichissent de l’apport de la démocratie républicaine, dans le cadre de l’Etat moderne. Savoir que, s’il est membre d’une communauté ethnique ou clanique, il est également membre d’une communauté nationale et citoyen d’un pays. Que la citoyenneté confère des droits mais impose aussi des devoirs. Savoir qu’être citoyen exige des comportements et des attitudes responsables qui sont autant de garanties du bon fonctionnement de l’Etat, de la cohésion sociale et de la concorde nationale. Savoir que l’on ne peut pas, en notre nouvelle collectivité nationale, se replier sur ses contribules, suspecter et exclure les autres. Savoir que, sans vouloir gommer les réalités communautaires, l’on doit voir large, penser et agir en termes de nation. Car la tribu s’est enrichie d’autres tribus et le nouvel ensemble ambitionne de se construire en une sorte de super-tribu, en nation.

Dans la même optique de formation morale, l’enfant doit développer à l’école le sens du progrès et trouver sa voie personnelle. Il nous revient de lui apprendre que cet animal singulier qu’est l’homme, est doué d’un merveilleux pouvoir, celui de penser, de réfléchir aux choses comme aux êtres. Le pouvoir de s’interroger, d’interroger ce qui l’entoure et d’avancer. Le pouvoir de lire le passé et de décrypter le présent. Le pouvoir de scruter l’avenir pour s’y projeter. L’homme est capable de se construire et de construire. Il est capable de solutions aux problèmes qu’il rencontre. Ainsi de la Djiboutienne et du Djiboutien qui ne sont pas moins intelligents que les autres humains qui peuplent la planète. Tout est affaire de volonté au sens positif du terme. Volonté d’apprendre pour comprendre et avancer. Volonté d’exercer et de développer ce sens humain du progrès.

De la sorte, l’enfant se met en position de mieux connaître ses aptitudes particulières, de mieux détecter ses talents, pour trouver sa voie dans la vie. Il entreprend avec confiance d’exprimer son potentiel, de préparer son avenir d’homme et de citoyen.

Le chemin trouvé, peut venir l’ambition. Ambition pour soi-même bien entendu, mais aussi, par ricochet ou non, pour la collectivité. Point une ambition aveugle pour laquelle compterait seule la fin. Celle-là n’en est pas véritablement une, car elle porte en elle son pesant de danger. Du fait même de son aveuglement, de sa poursuite exclusive de l’objectif, elle n’hésiterait pas à faire fi de tout le reste, en particulier de la question fondamentale des moyens. Elle tendrait à s’affranchir des impératifs moraux, à user de tout, bref à abuser. Toute ambition aveugle, irraisonnée, est quelque part destructrice. L’histoire humaine d’hier et d’aujourd’hui nous l’enseigne abondamment.

            Ce qu’il faut c’est une ambition positive, une ambition qui intègre autant de facteurs que nécessaire, qui ne se départit jamais du sens critique. En un mot une ambition qui construit.

            En même temps qu’elle stimule le sens du progrès et de l’orientation, l’école se doit de cultiver le goût du bien-être, de l’équilibre physique et mental. A cet égard, le sport est un précieux outil. Ses bienfaits ne sont plus à démontrer. Il entretient le corps et relaxe l’esprit. Il régénère l’énergie vitale et préserve la santé. Il est source de bien-être et de confiance en soi pour l’individu, se répercute positivement sur la collectivité.

D’autre part, nous voulons que l’école ne reste pas l’apanage des jeunes, qu’elle n’accueille d’ailleurs pas tous : selon les chiffres officiels, le taux d’analphabétisme pour les quinze ans et plus est supérieur à 70%. Elle doit aussi accueillir les adultes tant pour l’alphabétisation, l’éducation citoyenne que pour la formation tout au long de la vie.

 L’analphabétisme est trop élevé dans notre pays où il constitue un drame pour beaucoup d’entre nous à une époque où lire, écrire et compter sont devenus une nécessité vitale. Ses victimes en souffrent au quotidien, dans la vie de tous les jours, et il n’est point besoin d’être observateur averti pour s’en rendre compte.

 La collectivité nationale n’en souffre pas moins qu’il prive d’une grande partie des ressources humaines dont elle a besoin pour aller de l’avant. C’est un grave handicap, un manque à gagner inestimable, un anachronisme douloureux.

C’est que, par manque de volonté politique, le fléau n’a jamais été combattu comme il se doit. Le projet ambitieux et volontariste, élaboré durant les années 1980 en liaison étroite avec l’UNESCO, sous l’impulsion du père fondateur du PRD, le regretté Mohamed Djama Elabé, alors ministre de l’Education nationale, pour éliminer l’analphabétisme à l’horizon 2000, a malheureusement échoué. Faute de détermination au plus haut niveau de l’Etat, il a dégénéré, comme tant d’autres choses, en un vernis sans lendemain, alimentant au passage certaines poches.

D’où l’urgence à s’attaquer au problème de l’analphabétisme qui nous interpelle à tous points de vue, moralement, socialement, économiquement et politiquement. S’y attaquer sans oublier que son traitement doit s’accompagner d’une conscientisation citoyenne. Apprendre à l’adulte analphabète à lire, écrire et compter, lui apprendre de quoi s’insérer dans le tissu économique, mais aussi l’aider à mieux s’appréhender comme citoyen et à mieux se conduire comme tel.

La même urgence se pose pour la question de la formation tout au long de la vie. Qu’elle soit de perfectionnement dans son métier ou de reconversion à un autre. C’est la suite logique et indispensable de la formation initiale. C’est motivant et valorisant pour l’individu. Sécurisant aussi. C’est bénéfique pour la collectivité qui entretient ainsi le souffle bâtisseur des compétences.

Pour tout ce, sachons d’abord compter sur nos moyens, nos intelligences et nos énergies, en recourant notamment à l’appareil scolaire qui, après réhabilitation, peut grandement nous aider. Sachons nous aider avant d’appeler à l’aide. Car, pour généreux qu’il puisse être, l’extérieur ne peut se substituer à nous. Il peut nous apporter de l’aide, mais c’est à nous de réfléchir et d’agir. A nous de faire le principal.

Ainsi voyons-nous notre système éducatif. Et, à l’évidence, la conception et le pilotage d’un tel système ne peuvent aller sans la pleine implication de tous, à commencer par les enseignants et les parents. L’on ne peut valablement poser le diagnostic et proposer les remèdes, l’on ne peut sérieusement avancer sans celles et ceux qui se consacrent à transmettre les connaissances, sans les professionnels de l’école, sans les usagers que sont les élèves et les parents, sans le reste de la société, sans tous celles et ceux qui ont quelque chose à apporter.

C’est dire si l’école djiboutienne, dont l’état laisse à désirer tant en termes de conditions de travail, de capacité d’accueil, de rendement qu’au niveau du climat social, est à réhabiliter. Elle doit bénéficier d’une attention toute particulière dans les préoccupations des décideurs.

 L’effort que le MRD, votre MRD, entend consacrer à l’Education nationale est à la mesure des besoins.

Nous voulons doter l’école des moyens de sa mission telle que nous avons essayé de la définir plus haut. Concrètement, cela passe par une réforme profonde du système. Par un réexamen de son architecture générale. Par des méthodes et des contenus adaptés, par des moyens matériels suffisants, par la fin des sureffectifs et des surcharges de travail. Cela passe par une réhabilitation du métier d’enseignant, métier noble s’il en est, en améliorant grandement la condition matérielle de l’enseignant djiboutien, sa formation mais aussi son environnement professionnel. Enseigner doit redevenir attractif et gratifiant.

Conscients de ce que, pour nous autres humains, l’homme est la plus précieuse des richesses, nous entendons consacrer à l’effort éducatif la part qu’il mérite dans l’allocation des ressources publiques. Une part à la mesure des défis à relever et que bien des Djiboutiens connaissent : éradiquer l’analphabétisme et l’inculture civique, promouvoir la formation tout au long de la vie et élever grandement le niveau moyen national en faisant échec à l’échec.

Nous ambitionnons de faire en sorte que, dans un avenir raisonnable, pas moins de 80% d’une génération d’âge parvienne au baccalauréat. 

Pour un pays de modeste taille comme le nôtre, qui, même mal géré, génère chaque année des dizaines de milliards de nos francs de ressources publiques, en termes de recettes budgétaires internes et de ressources extérieures, pour un pays où l’exploitation optimale des atouts reste à venir, accorder la part du lion à la valorisation de son capital humain, est tout à fait possible.

 

 

Eduquer hors de l’école

 

Cependant, si l’école est, comme nous venons de le souligner, un lieu privilégié à la disposition de l’Etat éducateur, elle n’est pas le seul moyen. D’autres possibilités d’action existent que l’on peut utilement manier pour éduquer les citoyens. Outre la cellule familiale, les médias de masse tels que la radio, la télévision voire la presse écrite, les acteurs traditionnels mais aussi l’action extrascolaire de l’Etat, peuvent participer à l’éducation.

Bien entendu, il y a d’abord la cellule familiale et le rôle éducatif naturel des parents. Ce sont le premier maître de l’enfant. Le plus important. Aussi doivent-ils être à la hauteur de cette mission, comme de leurs autres responsabilités. L’éducation familiale doit être en phase avec celle sociale et nationale. Pour cela, il importe que les parents aient conscience de la portée des comportements et valeurs qu’ils inculquent à leur progéniture. Ils doivent voir large et savoir qu’ils ont entre les mains un citoyen en devenir pour l’éduquer en conséquence. Avec, au besoin, l’aide de l’Etat qui, outre la dynamique éducative nationale qu’il engage, doit pouvoir orienter voire accompagner ceux des parents qui le nécessitent.

Les médias de masse peuvent être aisément employés à bon escient en tenant naturellement compte de leurs impacts respectifs. Ils peuvent être utilisés pour tous les aspects du rôle éducatif de l’Etat : acquisition des connaissances, enracinement socio-culturel, formation civique et démocratique, esprit de progrès, etc. Des médias tels que la radio et la télévision peuvent se révéler un formidable levier d’action au bénéfice de la population djiboutienne. De tradition orale, les Djiboutiennes et Djiboutiens, même instruits, regardent et écoutent beaucoup. La radio, par exemple, est écoutée de toutes les couches et dans toutes les régions de notre petit pays. Pourquoi ne pas, dès lors, offrir aux auditrices et auditeurs  des programmes éducatifs, des émissions d’apprentissage et de découverte, des émissions de conscientisation, des moments d’échanges, des débats d’idées ?  Pourquoi ne pas intégrer ces médias dans l’effort éducatif de l’Etat ? Il s’impose, pour ce faire, d’en finir avec les habitudes actuelles de complaisance au prince et d’inertie qui n’honorent pas les médias d’Etat, de  redéfinir leur  rôle à des fins d’édification et de les doter des moyens de leur action. Il s’impose aussi de nous inspirer, dans la mesure du possible, chaque contexte ayant ses spécificités, des expériences similaires réussies sous d’autres cieux.

Nous sommes convaincus que, dans un petit pays comme le nôtre, où les gens, même dans les contrées les plus reculées, se soucient d’avoir leur poste de radio, où la télévision peut se généraliser au milieu rural et aux couches défavorisées à travers une aide appropriée de l’Etat, se couplant avec l’usage des énergies alternatives (notamment solaire et éolienne), où peut se promouvoir la presse en nos langues nationales (qui sont déjà transcrites), il est possible de mettre les médias au service de l’éducation et de l’édification. 

Les acteurs traditionnels peuvent aussi contribuer à l’action éducatrice. Ils peuvent et doivent être associés à cet effort éducatif. Ils sont utiles pour l’enracinement culturel, la maîtrise des langues nationales. Ils sont utiles pour relayer l’école dans la promotion de l’esprit citoyen et dans la consolidation du sentiment national. Il faut les associer en amont lors des états généraux. Les associer en aval pour la mise en oeuvre des décisions issues de ces assises. Sages et autres chefs coutumiers, religieux, grands-parents, poètes et autres chanteurs, sont autant d’agents éducatifs potentiels dont il faut obtenir l’adhésion et la mobilisation. Rappelons-nous qu’en milieu rural, les grands-parents, lorsqu’ils sont en vie, jouent un rôle de premier plan dans l’éveil culturel et social de l’enfant.

Leur implication, aux côtés des autres acteurs de la société, aux côtés des enseignants, des parents d’élèves, des intellectuels, des écrivains et autres artistes, des politiques, des associatifs, des agents publics et des opérateurs économiques, est d’autant plus possible qu’il s’agit, non de leur imposer un vulgaire rôle de propagande au service d’un individu ou d’un groupe, mais de les faire participer à la réalisation d’un projet national qu’ils auront contribué à concevoir.

Aux mêmes fins d’éducation, l’action extrascolaire de l’Etat, l’action de ses divers rouages, doit refléter son discours. Loin de la mauvaise foi et du ridicule actuels, elle doit montrer que paroles et actes concordent. L’Etat, que ce soit au niveau politique, administratif et économique, ou au plan socio-culturel, sécuritaire et diplomatique, doit prêcher par l‘exemple.  Il lui faut convaincre par une pratique bâtisseuse et citoyenne du pouvoir. Il lui faut être cohérent et transparent, servant, expliquant, sensibilisant, prévenant et, au besoin, intervenant et punissant.

Avec l’école et ses ressources, la cellule familiale et le reste de la société, avec les médias et l’action publique, l’Etat éducateur, on le voit, ne manque point de leviers d’action. Il lui appartient d’en faire bon usage. Il lui revient d’insuffler une dynamique fructueuse, de stimuler et d’orienter les énergies, les compétences et les intelligences.

 

Éduquer inlassablement. Éduquer avec conviction et abnégation. Éduquer pour édifier.

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