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Voici en français la substance de l’adresse de DAF :



«Il y a quelques mois, nous sommes convenus d’ajouter à notre action au long cours de conscientisation politique un volet socio-économique pour contribuer à améliorer le quotidien des Djiboutiens. Nous avons évoqué l’idée d’une capacitation (empowerment) endogène d’ordre socio-économique : capacitation économique (notamment par la promotion du microcrédit endogène et solidaire) et capacitation sociale (particulièrement en matière d’alimentation, d’éducation, de santé, de culture, ou encore de vivre-ensemble). Reddition des comptes oblige, nous ferons dans les jours et semaines qui viennent, fédération par fédération, le point de l’avancement de la partie microcrédit de ce programme.   



Mais je voudrais, dès ce soir et par souci d’auto-rappel pédagogique (le rappel à autrui ne va pas sans rappel à soi)), m’attarder un peu sur notre décision d’ancrer davantage l’engagement du MRD dans le quotidien des Djiboutiens. Rappelons-nous d’abord la formule Noolaada (Anisinhay en afar, faltaxyuu en arabe), puissant souhait de vie qui exprime le sens profond de notre projet au service des Djiboutiens : une vie digne, c’est-à-dire décente et libre. Rappelons-nous également notre proposition d’interrogation impliquante et participative aux Djiboutiens  ‘’Que pouvons-nous pour nous-mêmes ? ‘’. Eh bien, nous n’avons pas eu à chercher le lien entre ce souhait de vie et cette interrogation, entre le Noolaada et le ‘’Que pouvons-nous pour nous-mêmes ?’’ : il s’est naturellement laissé formuler par un ‘’Que pouvons-nous pour que notre vie soit digne ?’’



La vie, disons-nous. Mais de quoi est-elle faite dans l’ordre humain ? L’humain est fait d’inné et d’acquis. Il est nature et culture. Il nait avec un patrimoine génétique transmis par ses parents et il acquiert, à travers l’éducation et les autres interactions avec ses semblables, la culture de sa société. De sa société ? Oui, car la culture diffère d’une collectivité humaine à l’autre en fonction notamment du milieu naturel, de l’histoire collective et de la sensibilité commune (certains parleraient d’âme de telle ou telle société). Mais cela ne signifie nullement qu’il n’y a pas d’invariants (points communs à toutes les cultures), signe de l’universalité qui unit la diversité humaine.

La culture, rappelons-le avec insistance, humanise l’individu en l’élevant. Elle lui offre notamment des possibilités (socialement acceptables) pour subvenir à ses besoins.



Besoins ? Ils sont socio-économiques: se nourrir, se loger, s’éduquer, se soigner, circuler. D’ordre sécuritaire : Se protéger (sécurité juridique, judiciaire et sociale), se défendre (sécurité physique). Intellectuels et philosophiques : penser et le dire, produire du savoir comme du sens. Relationnels : échanger avec les autres, proches ou moins proches.

L’économie est ce qui nous intéresse particulièrement ce soir. Et disons-le d’emblée, elle n’est pas un message révélé mais un produit de la culture. En d’autres termes, chaque culture, c’est-à-dire chaque société, secrète son économie en fonction de son milieu de vie, qui conditionne ses besoins comme ses possibilités, mais aussi de son choix de vie.

Quelle économie avons-nous alors créée, nous autres pasteurs nomades ? Une économie assise sur l’élevage libre d’un bétail adapté, la transhumance et la sobriété, sans exclure l’échange. Ainsi, nous nous sommes nourris de lait, de dourah (ou de mil), de viande mais aussi de fruits et légumes de la nature.



On le voit, nous avons fait, non sans lien avec notre milieu physique, le choix d’une vie simple et en harmonie avec la nature. Loin de la logique sans issue du toujours plus. Nous n’avons donc pas voulu jouer les apprentis sorciers avec l’environnement et, sous prétexte de transformation, menacer son équilibre, c’est-à-dire sa pérennité.



Jusqu’au jour où la colonisation a surgi de la mer avec sa ville exogène et son mode vie. La période coloniale n’a pas été sans impact sur nous et notre vie. Plus tard, l’Etat postcolonial n’a pas tenu ses promesses, dévoyé par ses dirigeants. De sorte que nous connaissons aujourd’hui une situation indigne de nous.



Que faire alors ? Quelle réponse au ’Que pouvons-nous pour que notre vie soit digne’’ ? Pour trouver des éléments de réponse, il nous faut interroger notre culture, nos moyens du moment et le monde qui nous entoure. En commençant, et nous en resterons là ce soir, par le premier des besoins : Se nourrir.



Comment manger plus équilibré, plus sain et moins cher ? Interrogeons d’abord les aliments qui nous ont permis de traverser le temps long (siècles et millénaires), ceux de nos ancêtres. Interrogeons par exemple le sorgho appelé dourah (ou doura) chez nous, le mil, le lait de notre bétail (par exemple celui de la chèvre ou de la chamelle), les légumes et fruits d’autrefois. Interrogeons ensuite notre production agricole d’aujourd’hui : tomate, aubergine, piment, haricots verts, navet, melon, pastèque, mangue, papaye, palmier-doum, banane, moringa, etc.). N’hésitons pas à interroger l’idée du coin potager-verger, quitte à utiliser une meilleure terre des parages ou d’un peu plus loin. Interrogeons également les expériences et pratiques culturales qui ont fait leurs preuves sous des cieux comparables aux nôtres, notamment en matière de lutte contre la malnutrition. Avec une attention particulière pour les pays voisins au nôtre. Encore et encore, interrogeons-nous et interrogeons le monde. Forts de la conviction que vouloir c’est pouvoir.» 

 

 

A suivre. 

Le projet politique

02/05/15 : DAF au micro de Nabad-Nantes

Janvier 2011 : Message de DAF aux Djiboutiens

Afhayeenka dallada Mucaaradka ah ee USN Daahir Axmed Faarax Oo Ka Hadlay Xadhiga Dr